Un Mot du Doc

A 25 ans, j’étais lecteur de scénarios dans le département fiction des studios New World à Los Angeles. Mes instructions étaient de me concentrer sur les dix premières pages des scénarios et de lire le reste uniquement si ces dix premières pages retenaient mon attention. Cette règle est encore en vigueur dans la plupart des studios et des sociétés de production. La raison en est simple : si une histoire n’a pas ce qu’il faut pour captiver un lecteur pendant ces cruciales dix premières pages, qui correspondent aux dix premières minutes d’un film, pourquoi devrait-elle s’améliorer ensuite ?

L’une des garanties de DOC SCENARIO est que votre scénario aura toutes les chances de passer avec succès ce test des dix premières pages.

De nombreux scénarios refusés auraient pu avoir leur chance si seulement ils avaient fait l’objet d’au moins une réécriture partielle. D’où cette règle d’or de ne jamais présenter un premier jet.

Installé à Paris quelques années plus tard, j’ai décidé de concourir au Grand Prix du Meilleur Scénario. J’espérais faire au moins partie des dix finalistes de ce prix si prestigieux et ainsi me crédibiliser à Paris comme auteur et donc comme analyste de scénarios. J’avais écrit un premier scénario, Le Turc. Grâce à mon expérience de lecteur pendant dix ans, je savais que l’histoire était solide mais que certains points méritaient d’être solidifiés. J’ai donc fait lire ce scénario à un analyste professionnel et, grâce à ses conseils, j’ai pu ainsi retravailler certaines scènes à tel point que, un mois plus tard, le 18 octobre 1999, parmi des milliers d’autres scénarios, Le Turc remportait le Grand Prix du Meilleur Scénario.

De même qu’un musicien fait des gammes, un écrivain écrit. Plus vous écrirez, plus vous progresserez. Plus vous verrez de films, plus vous lirez et plus vous aurez de chances de vous réaliser en tant qu’auteur. Et, n’oubliez jamais que de voir une histoire et des personnages prendre vie sous vos doigts sera toujours une expérience inoubliable.

Alors, à vos claviers et bonne chance à tous.
Alain Bismut,
Paris 2005